Comment reconnaître les signes du cancer du sein et pourquoi un dépistage précoce fait la différence
2026-10-21
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes en Belgique. Bonne nouvelle : détecté tôt, il se soigne beaucoup mieux. Découvrez quels signes faire examiner, comment fonctionne le dépistage gratuit et comment faire, ensemble, la différence.
Le cancer du sein en Belgique : quelle fréquence ?
En Belgique, environ une femme sur huit sera touchée par un cancer du sein au cours de sa vie. Selon Think Pink, cela représente plus de 11 300 nouveaux diagnostics par an (VRT NWS, sur la base des chiffres de Think Pink). C'est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans notre pays.
L'âge joue le rôle le plus important. Plus de huit diagnostics sur dix concernent des personnes de plus de 50 ans. Mais les femmes plus jeunes peuvent aussi être touchées, tout comme les hommes : environ un diagnostic sur 103 concerne un homme.
Ce qu'on oublie souvent : le cancer du sein se soigne aujourd'hui bien mieux qu'avant. Surtout lorsqu'il est détecté tôt. Et c'est justement là que vous pouvez agir.
Quels changements faire examiner ?
Vous remarquez quelque chose de nouveau ou d'inhabituel au niveau de votre sein, et cela persiste ? Prenez rendez-vous chez votre médecin traitant. Soyez attentive à ces signes :
- une grosseur ou un épaississement dans le sein ou sous l'aisselle
- un sein qui change de forme ou de taille
- un écoulement ou du sang qui sort du mamelon, sans pression
- un creux, un pli ou une rétraction de la peau, parfois visible seulement en levant les bras
- un mamelon qui se rétracte soudainement vers l'intérieur
- une rougeur, des squames ou une croûte sur ou autour du mamelon
- un sein rouge, chaud ou gonflé
- une zone douloureuse ou différente qui ne disparaît pas
Pas de panique si vous remarquez quelque chose. La plupart des changements s'avèrent bénins, comme un kyste ou des variations hormonales liées au cycle. Les seins sont d'ailleurs souvent tendus ou bosselés juste avant les règles.
Seul un médecin peut toutefois dire avec certitude ce qu'il en est. Un doute ? Mieux vaut faire vérifier une fois de trop qu'une fois de trop peu.
Pas besoin d'être une experte de votre corps. Il suffit de savoir ce qui est normal pour vous.
L'auto-examen : apprendre à connaître vos seins
L'auto-examen ne consiste pas à chercher parfaitement une grosseur. Le but est de vous familiariser avec l'aspect et le toucher habituels de vos seins. Ainsi, vous remarquerez plus vite un changement.
Voici comment procéder :
1. Observez-vous dans le miroir. Torse nu, placez-vous devant le miroir, d'abord les bras le long du corps, puis les bras levés. Regardez la forme, la peau et les mamelons.
2. Palpez en position debout. Sous la douche, c'est souvent plus facile, avec les doigts savonneux. Utilisez le plat de trois doigts et faites de petits cercles sur tout le sein.
3. Palpez en position couchée. Placez un bras derrière la tête et examinez le sein de ce côté avec l'autre main. Changez ensuite de côté.
4. N'oubliez pas les aisselles. Le tissu mammaire s'étend jusque sous le bras.
Choisissez un moment fixe. Si vous avez encore vos règles, une semaine après leur début est idéal, car vos seins sont alors moins sensibles. Après la ménopause, prenez simplement un jour fixe par mois.
Une remarque honnête : l'auto-examen ne remplace pas le dépistage. Une mammographie peut détecter des anomalies encore trop petites pour être senties. Les deux sont donc complémentaires.
Le dépistage gratuit dès 50 ans
Vous avez entre 50 et 69 ans ? Vous recevez alors tous les deux ans une invitation à passer un Mammotest, une mammographie de dépistage. Elle est gratuite si vous êtes affiliée à une mutualité belge et que vous remplissez les conditions de participation. À Bruxelles, le programme est organisé par Bruprev.
Une mammographie est une radiographie des seins. Son grand avantage : elle peut détecter des anomalies avant même que vous ne sentiez ou ne voyiez quoi que ce soit. Plus une tumeur est petite au moment du diagnostic, plus les chances de réussite du traitement sont grandes, et le traitement est souvent moins lourd.
« Je le ferai plus tard. » Ça vous parle ? Deux ans passent vite, et une lettre disparaît facilement sous une pile de courrier. Un petit conseil : prenez rendez-vous le jour même où l'invitation arrive. Comme ça, c'est réglé.
Plus d'informations sur borstkanker.bevolkingsonderzoek.be. Vous connaissez une femme entre 50 et 69 ans ? N'hésitez pas à le lui rappeler.
Peut-on réduire son risque de cancer du sein ?
En partie, oui. Certains facteurs de risque ne dépendent pas de vous, comme l'âge, les gènes ou la densité de vos seins. D'autres oui, et c'est là que de bonnes habitudes peuvent faire la différence :
- Alcool : moins il y en a, mieux c'est. Le risque augmente légèrement, même avec de petites quantités.
- Activité physique : bouger régulièrement réduit le risque, même si vous commencez plus tard.
- Poids : le surpoids joue surtout un rôle après la ménopause.
- Tabac : arrêter de fumer profite à tout votre corps, y compris à vos seins.
Soyons honnêtes : un mode de vie sain réduit le risque, mais n'offre aucune garantie. Le cancer du sein peut aussi toucher quelqu'un qui fait « tout bien ». C'est pourquoi la vigilance et le dépistage restent tout aussi importants.
Des cas de cancer du sein ou de l'ovaire dans votre famille, surtout à un jeune âge ? Parlez-en à votre médecin traitant. Un suivi plus précoce ou plus poussé peut parfois être utile.
Octobre se colore en rose avec Think Pink
Octobre est le mois international de sensibilisation au cancer du sein. C'est pourquoi les pharmacies Healis s'engagent ce mois-ci aux côtés de Think Pink, pour plus de sensibilisation, de soutien et de solidarité.
Think Pink est une ASBL belge qui, depuis 2007, informe sur le cancer du sein, finance la recherche scientifique et soutient les personnes touchées ainsi que leurs proches.
Vous souhaitez apporter votre pierre à l'édifice ? Dans les pharmacies Healis participantes, vous pouvez acheter un ruban rose pour 2 euros. Les bénéfices sont reversés aux projets de Think Pink en matière de prévention, d'accompagnement et de recherche. Un petit geste, que vous portez en plus fièrement.
Le saviez-vous ?
Le ruban rose est devenu le symbole du cancer du sein au début des années 1990, aux États-Unis. Aujourd'hui, il est partout dans le monde le signe de solidarité avec toutes les personnes touchées par la maladie.
Votre pharmacien, un interlocuteur proche
Toutes les questions ne justifient pas un rendez-vous chez le médecin. Pourtant, en parler à quelqu'un peut faire du bien. Chez votre pharmacien, vous pouvez passer sans rendez-vous, par exemple avec :
- des questions sur le dépistage ou sur la façon de pratiquer l'auto-examen
- un doute sur un changement que vous avez remarqué, après quoi votre pharmacien vous oriente si nécessaire vers votre médecin traitant
- des questions sur vos médicaments pendant ou après un traitement, comme l'hormonothérapie ou la gestion des effets secondaires, toujours en concertation avec votre médecin
Vous êtes partenaire, membre de la famille ou aidant proche d'une personne atteinte d'un cancer du sein ? Vos questions sont aussi les bienvenues. De bons soins, c'est un travail d'équipe, et votre pharmacien est heureux d'en faire partie.
Prenez soin de vous, apprenez à connaître vos seins
Pas besoin d'avoir peur, mais bien d'être attentive. Apprenez ce qui est normal pour votre corps, faites examiner les changements à temps et répondez à votre invitation au dépistage si vous avez entre 50 et 69 ans. Trois petits gestes qui, ensemble, font une grande différence.
C'est peut-être le bon moment pour ressortir cette invitation du buffet, ou pour le rappeler à une amie, une mère ou une sœur. Pour toute question, vous pouvez toujours vous adresser à votre médecin traitant ou à votre pharmacien de quartier. Ensemble, faisons d'octobre un mois de sensibilisation, de soutien et de solidarité.